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Actualités > Salaires au Maroc
12/02/06
Enquête Diorh
: L’individualisation des salaires devient la règle
Dans sept cas sur dix, les entreprises activent les éléments variables de la rémunération
Sur un bulletin de paie, ils peuvent représenter 20 à 50% des gains
Les RH et la logistique montent, l’informatique recule
Votre politique de rémunération est-elle dans la norme du marché? L’édition 2006 de l’enquête du cabinet Diorh sur les rémunérations vous propose une analyse de 120 fonctions. Et pour chacune d’elles, plusieurs niveaux sont déclinés selon différents critères: âge, formation, expérience, ancienneté, salaire annuel de base, primes...
Premier enseignement qui se dégage clairement de l’enquête, la généralisation de l’individualisation de la rémunération. Sept entreprises sur dix sondées disposent d’un système d’individualisation des salaires.
La première ligne de la fiche de paie est de plus en plus figée alors que la part des éléments variables augmente sur le bulletin de paie. En gros, ces derniers représentent 20% des gains d’un cadre et plus on s’élève dans l’organigramme, plus cette proportion s’approche de 50%, confirme Essaid Bellal, directeur général de Diorh. Par rapport à la première édition de l’enquête, il s’agit d’un renversement complet de la situation, explique-t-il.
Quant au golden-parachute, le fameux bonus versé au dirigeant en cas de départ, la pratique reste pour l’instant marginale, même s’il y a eu des précédents qui avaient fait grand bruit dans le microcosme casablancais. Ce qui est sûr, c’est que les entreprises qui accordent ces «parachutes dorés» le font en catimini, voire, en secret.
Pour attirer ou fidéliser les cadres, les entreprises sont prêtes à des concessions surtout pour des profils rares ayant des compétences spécifiques: jours de congé supérieurs à ce que prévoit le droit du travail, prêts pour installation, mariage ou logement, financement du pèlerinage, incentives, stock options, bonus exceptionnel, plan de retraite complémentaire, etc.
Pour 2006, 68% des entreprises recensées tablent sur un accroissement de la part du variable, 29% d’entre elles sur l’extension du nombre des bénéficiaires. En revanche, l’introduction d’objectifs à terme supérieur à un an est encore faible. Seulement 4% du panel le prévoit. L’orientation vers des objectifs plus qualitatifs prendra de l’ampleur selon 46% des sociétés interrogées. Par contre seulement 29% parmi elle s’attendent à de plus grands écarts de primes entre les cadres.
De l’enquête, il ressort clairement que certaines fonctions plus que d’autres ont le vent en poupe. Les ressources humaines et la fonction achat/logistique gagnent incontestablement des galons. Et dans les deux cas, il y a une forte demande sur le marché. «Le problème est qu’on ne trouve pas assez de compétences avec expérience», constate le directeur général de Diorh.
Résultat: le poste rajeunit par l’arrivée de jeunes DRH «qui travaillent bien mais ils ne seront excellents qu’après 5 à 6 ans d’expérience et de formation», complète Essaid Bellal.
Ce qui est certain, c’est que la fonction est aujourd’hui située à un niveau stratégique. Et cela se ressent sur la rémunération. Le salaire annuel brut d’un DRH a augmenté de 5% en 2005 par rapport à 2004 (839.887 dirhams). Entre 2026 et 2005, le salaire annuel du DRH s’est bonifié de plus de 260.000 dirhams.
Deuxième bénéficiaire du changement de l’environnement, la fonction achat et logistique. A la rareté de l’expertise, les firmes ont pris conscience que l’optimisation de leurs flux et des achats est un véritable gisement d’économies. «L’entreprise se rend compte que les achats prennent de plus en plus d’ampleur et ce n’est qu’avec cela qu’elle peut faire des bénéfices. L’acheteur doit savoir négocier et avoir une vision à l’international», précise le directeur général de Diorh.
Autre fonction en vedette, celle du directeur qualité. Après avoir enregistré une hausse de 2% en 2004, la rémunération augmente de 9% en 2005. Le salaire annuel brut est passé de 565.000 à 623.600 dirhams.
La fonction financière fait plus que résister face à cette nouvelle concurrence et a continué son trend haussier. Selon l’enquête, un directeur financier gagnait l’an dernier en moyenne 953.300 dirhams contre 839.330 en 2004, soit une hausse de 12%.
Les commerciaux maintiennent aussi leur pouvoir d’achat, en partie à cause de l’évolution de la fonction. «Il y a un net changement au niveau des compétences exigées, un commercial ne doit pas seulement savoir vendre, mais disposer aussi des connaissances en marketing, maîtriser la conception et l’usage d’un tableau de bord et le recouvrement», analyse Essaid Bellal. Par contre, la fonction informatique a perdu de son aura après la frénésie des années 90.
La rémunération varie en fonction du diplôme. Pour autant, le diplôme ne constitue pas le principal critère dans la fixation du salaire de base. Les compétences spécifiques, c’est-à-dire, une expertise pointue et rare, interviennent pour 28% selon l’enquête. Vient ensuite l’expérience, à ne pas confondre avec l’ancienneté. L’expérience renvoie à la maîtrise d’une activité que l’on a exercée plusieurs années et que l’on prouve dans une mise en situation.
Les certificats décrochés au Maroc sont moins cotés que ceux des grandes écoles de commerce ou d’ingénieurs étrangères. D’ailleurs, la majorité des patrons des entreprises marocaines sont lauréats de ces écoles surtout françaises.
En général, et ce n’est pas nouveau, le diplôme marocain ne fait pas le poids devant les titres étrangers des grandes écoles de commerce ou d’ingénieurs, selon l’enquête. Les lauréats des grandes écoles étrangères sont les mieux payés et perçoivent un traitement annuel global moyen de 716.575 dirhams alors ceux qui sont formés au Maroc (bac+5, bac+6 et plus) gagnent 466.810 dirhams.
Concernant les jeunes diplômés, la révision des salaires s’effectue sur la base de la performance individuelle dans 45% des cas étudiés. Le reste, soit 55%, prend en compte la performance individuelle ainsi que le niveau du marché.
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Fiche technique
L’enquête ne concerne qu’un panel de 43 entreprises qui, dans plus de 9 cas sur 10, sont des filiales de multinationales (93%). Ces entreprises appartiennent certes au haut de la fourchette mais leur poids économique les rend plus représentatives.
En moyenne, elles réalisent un chiffre d’affaires de 833 millions de dirhams et comptent un effectif moyen de 586 salariés. Le reste de l’échantillon est composé de firmes «qui commencent à se structurer et à se doter d’une politique de rémunération bien définie et transparente», souligne Essaid Bellal, directeur général de Diorh.
Nadia DREF
: L'Economiste
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